Concentrationnaires aux travaux d’élargissement de le rivière Dove-Elbe Photo de la SS, non datée (NIOD 244F/17738)

Le travail des déportés

Concentrationnaires à l’extraction d’argile dans les glaisières Photo de la SS, 1943/44. (ANg, 1981-511)

Les concentrationnaires sont affectés dans des entreprises appartenant à la SS, qui tire un profit financier de leur travail. Le camp de concentration de Neuengamme a été créé comme « camp de travail », tout d’abord pour la fabrication de briques. Les déportés triment dans des conditions harassantes pour construire le camp des déportés, le camp SS et la nouvelle briqueterie. L’un des kommandos aux conditions les plus meurtrières consiste à assurer la navigabilisation de la rivière Dove-Elbe et à aménager un canal de desserte et un bassin portuaire. La nouvelle briqueterie est mise en service en 1942, les détenus sont alors affectés en plus grand nombre à l’extraction d’argile dans les glaisières.

La tâche est accompagnée de violences et de brimades. Les déportés triment du matin au soir sous les coups des gardes, exposés à la pluie, à la chaleur et au froid qui gèle les membres. La journée de travail compte 10 à 12 heures, accomplie malgré l’insuffisance de nourriture et des vêtements qui ne protègent pas des intempéries.

À partir de 1942, la contribution à la production d'armement est prioritaire dans le camp. Les détenus sont affectés dans les usines d’armement des sociétés Jastram, Messap et Metallwerke Neuengamme (Walther-Werke) ainsi que dans l’entreprise d’équipement de la SS, Deutsche Ausrüstungswerke (DAW).

Témoignage :

« Un fossé envahi par la végétation et la vase a été transformé en voie navigable pour les grandes barges. Les déportés devaient transporter la vase depuis la rive ou les barges avec des bennes et des brouettes pour l’étaler plus loin. Les SS, kapos et contremaîtres veillaient avec leurs gourdins à un rythme de travail rapide. Celui qui ne pouvait plus travailler était frappé jusqu’à ce qu’il s’écroule. […] Pendant la marche de retour, les déportés traînaient tous les jours des malades et des morts, dont le nombre atteignait 20 à 30 par mauvais temps. »

Ewald Gondzik, déporté polonais au camp de concentration de Neuengamme d’août 1940 à fin avril 1945 (récit du 13/11/1945, ANg)