Entrée du camp des déportés. Sur les deux côtés, les pavillons en bois de l’adjoint au commandant (Schutzhaftlagerführer) et du gardien-chef (Rapportführer). À l’arrière-plan, la place d’appel et la baraque des cuisines. Photo de la SS, 1941 (ANg 1981-300)

Camp de concentration

Concentrationnaires au travail dans l’ancienne briqueterie Photographe inconnu, 1940. (NIOD 244 F/94485)
KZ-Häftlinge bei der Arbeit im alten Klinkerwerk. Foto eines unbekannten Fotografen, 1940.

Fin 1938, la SS installe dans une briqueterie désaffectée de Hambourg-Neuengamme un détachement extérieur du camp de concentration de Sachsenhausen. Au printemps 1940, Neuengamme devient camp de concentration autonome et demeure jusqu’en 1945 le camp central pour le nord-ouest de l’Allemagne. Durant les années de guerre, la Gestapo et le Service de sécurité de la SS déportent à Neuengamme des dizaines de milliers de personnes provenant de tous les pays d’Europe occupés. La plupart sont internées pour résistance à l’occupant allemand, pour refus de se plier au travail forcé ou suite à une persécution raciale.

Dans le camp central de Neuengamme et dans plus de 85 détachements extérieurs, aménagés dans toute l’Allemagne du Nord pour des projets de construction et dans les usines d‘armement, les déportés doivent effectuer des travaux exténuants pour l’économie de guerre. Les conditions de vie et de travail y sont meurtrières. Au moins 42 900 personnes périssent dans le camp central de Neuengamme, dans ses Kommandos extérieurs ou après l‘évacuation des camps, durant les Marches de la mort et lors du bombardement des bateaux concentrationnaires. Plusieurs milliers d’autres déportés décèdent après leur transfert du camp de Neuengamme dans d’autres camps de concentration ou des suites de leur incarcération après leur libération.

Témoignage :

« J’avais l’impression qu’on avait atterri sur une autre planète. Il régnait une terreur absolue. Le camarade qui avait été arrêté avec moi – j’avais 17 ans, lui 20 – a dit en arrivant : je ne vais pas tenir plus de trois mois. Et en effet, trois mois plus tard il était mort. »

Georges Jidkoff, déporté français de mai 1944 à avril 1945, entre autres au kommando extérieur Salzgitter-Watenstedt du camp de concentration de Neuengamme (interview du 31/01/1987, ANg)